Ce petit carnet de note incarne Saint Germain des prés, le café de Flore, les Deux Magots. Ecrivains, peintres et intellectuels y aiguisèrent leurs idées. De Van Gogh à Picasso, d’Ernest Hemingway à Bruce Chatwin, depuis deux siècles le Moleskine est le carnet de brouillon des créateurs et des penseurs, le compagnon de poche et de confiance de l’avant-garde internationale. Oscar Wilde ne voyageait jamais en train sans son carnet. Il disait : « Il faut toujours avoir quelque chose d’intéressant à lire » ! C’est sans doute sur ces pages que ce sont écrite les esquisses, les notes et les suggestions, qui deviendrons des images célèbres ou des pages des livres que nous avons aimées.
Son histoire débute rue de l’Ancienne Comédie, dans une petite papeterie en plein cœur du Paris artistique. À l’origine cet objet est simple et bon marché. C’est ce qui fit son succès, et tous les artistes et intellectuels s’en emparèrent. Car si jadis les écrivains tourmentés s’enfermaient dans leur chambre, les voyageurs et les nouvellistes contemporains préféraient les terrasses de Montparnasse ou les terres inconnues. C’est la mode de l’écriture en extérieur.
Il fini cependant par devenir introuvable à la fin du siècle dernier. En 1986, une entreprise familiale de Tours, et dernière fabricante du mythique carnet disparu à son tour. « Le vrai Moleskine n’est plus ».
Mais c’était sans compter sur l’initiative d’un petit éditeur milanais, qui en 1998 ressuscita le Moleskine. Gardien anonyme d’une tradition extraordinaire, il a repris son voyage, pour saisir la réalité en mouvement, capturer les détails, noter sur le papier le caractère unique d’une expérience. Le Moleskine est un accumulateur d’idées et d’émotions qui libère son énergie avec le temps.
Le légendaire carnet noir recommence à passer d’une poche à l’autre, pour accompagner, grâce à ses différents fond de page, les métiers créatifs et l’imaginaire de notre temps.
Le Moleskine est donc bien plus qu’un simple carnet de note. Chargé d’histoire, il revient dans une version modernisée, adapté à toutes les formes de créativité. Classieux, sobre, et remis au gout du jour par les tendances rétro et la recherche de nos valeurs passées, c’est un objet à la mode que je me suis empressé d’acheter (environ 9,50€ en librairies et papeteries). Il est pour moi le support des idées de ce blog, que j’espère digne de ses illustres ancêtres. Je me devais donc de rendre hommage, pour mon premier article, à ce fameux carnet.

  • arte.tv (La petite histoire du Moleskine)
  • Moleskine, Histoire d’un carnet de légende
  • http://www.moleskine.com/