design & innovation blog
L’innovation au pays des normes
L’idée de cet article est née de ma confrontation à un problème bien réel : les normes sont des freins à l’innovation.
Les normes sont liées à un état de l’art et des bonnes pratiques d’un secteur d’activité à un instant T. Elles sont le plus souvent rédigées par l’homme du métier, ce qui en font des référentiels riches d’expérience et digne de confiance.
En revanche les comités de rédaction, et les instituts en charge de l’organisation du système normatif, sont de lourdes machines longues et difficiles à faire évoluer
Mais alors que ce passe-t-il lorsque l’innovation offre une rupture avec la norme, qui, parfois âgé de plus de 30 ans ne correspond plus à son temps ni aux pratiques et aux états de connaissances actuelles.
Prenons l’exemple d’une innovation qui remet en cause la norme, ou qui par ses caractéristiques va au delà des points de contrôle de la norme. Quelles sont les possibilités pour faire correspondre la norme avec l’innovation, ou inversement?
L’innovation devient la norme :
C’est sans doute le meilleur des cas. L’innovation de rupture impose un standard pour un champ d’application qui n’est encore régit par aucune norme. C’est quand le marché a quasi unanimement adopté le standard, qu’il devient norme, souvent en s’appuyant sur les brevets déposé par l’innovateur. C’est par exemple ce qui c’est passé sur des technologies de communication récentes tel que les GSM, les puces RFID ou le format PDF.
La certification par la norme n’est alors pas un besoin vital pour exister sur le marché, et les comités normatifs feront eux même l’effort de rédaction de la norme.
Correspondre à la norme :
C’est une situation parfois bien difficile à gérer. En effet il est souvent nécessaire de calibrer la qualité de son système sur celui de la norme. On se retrouve à être obligé de vérifier la correspondance de la qualité de service d’un produit en se servant d’un produit obselette comme étalon.
Par exemple un appareil de mesure qui met en œuvre les dernières techniques de calcul et outils de mesure, que l’on doit confronter à la comparaison des résultats empiriques d’un système instable, ou encore un matériau innovant qui n’est pas dans les référentiels de construction d’un secteur d’activité.
Il faut ainsi, pour démonter la viabilité de son système, le comparer à l’ancien système.
Faire évoluer la norme
La norme est parfois basée sur des erreurs et/ou approximations. Il est alors impossible d’étalonner un système innovant sur un système ancien et incorrect. C’est sans doute la situation la plus difficile, car elle garantie des heures de batailles et de lobbying auprès des comités rédacteur des normes, et de gros investissement de recherches pour démontrer la viabilité des évolutions et pour faire évoluer le référentiel normatif avant d’obtenir la possibilité que la norme corresponde au l’innovation.
Dans tous les cas, le cheminement pour correspondre ou faire évoluer la norme est donc un chemin long et gourmand en énergie, ce qui rend la démarche couteuse et délicate. Encore plus que les habitudes, les normes sont des freins à l’innovation.
| Imprimer l'article | Cette entrée a été posté par Laurent le 20/04/2010 à 11:17 , et placée dans Innovation. Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse, ou bien un trackback depuis votre site. |


